Médée is an AI-narrated story video made with TubeTube in the Custom style visual style, 5:43 long across 68 scenes. Scene images were generated with GPT Image 2 · Medium and animated with Kling 2.6 Pro. The full recipe below is remixable: reuse the same style and settings with your own words.
Elle est la femme la plus redoutée de toute la mythologie — et pourtant, sans elle, Jason ne serait qu'un nom oublié. Médée, princesse de Colchide, petite-fille du Soleil, prêtresse de la déesse Hécate : c'est elle qui endormit le dragon de la Toison d'or, elle qui sauva les Argonautes à chaque piège, elle qui rendit son trône au héros. Pour lui, elle avait tout trahi : son père, son royaume, son propre sang. Voici ce qu'il advint de cet amour-là — le récit que le poète Euripide porta à la scène d'Athènes en 431 avant notre ère, et qui glace encore le monde. Car le prix de la Toison, c'est Médée qui l'avait payé. Pour suivre Jason, elle avait quitté à jamais la Colchide, bravé la malédiction de son père, et son frère était mort dans leur fuite. Puis, à Iolcos, elle avait débarrassé Jason de l'usurpateur Pélias par l'un de ses tours les plus noirs : devant les filles du vieux roi, elle découpa un vieux bélier, le plongea dans un chaudron d'herbes magiques — et il en rejaillit agneau. Éblouies, les princesses voulurent rajeunir leur père de la même façon. Médée, cette fois, oublia les herbes. Chassés d'Iolcos pour ce crime, Jason et Médée trouvèrent refuge à Corinthe. Deux fils leur naquirent. Pendant des années, l'étrangère de Colchide vécut là en épouse fidèle, respectée pour sa sagesse, redoutée pour ses savoirs. Elle avait tout donné. Elle croyait tout partager. Puis Jason trahit. Le roi de Corinthe, Créon, lui offrit sa fille, la jeune princesse Glaucé — et avec elle un trône, une alliance, une place parmi les puissants. Jason accepta. À Médée, il expliqua froidement qu'elle devait comprendre : ce mariage, disait-il, les mettrait tous à l'abri, elle comme les enfants. Il l'avait aimée, certes — mais on ne reste pas lié pour toujours à une étrangère, une barbare, quand une princesse grecque se présente. Euripide a mis dans la bouche de Médée l'une des plaintes les plus déchirantes du théâtre : qu'a-t-il fait des serments échangés, des mains serrées, des dieux pris à témoin ? De tous les êtres qui pensent et qui respirent, dit-elle, nous, les femmes, sommes les plus malheureuses. Créon, qui la savait dangereuse, vint lui signifier son bannissement : qu'elle quitte Corinthe sur-le-champ, avec ses fils. Médée supplia — un jour, un seul jour pour préparer l'exil. Le roi, par pitié, accorda. Cette pitié le tua. Car en un seul jour, Médée conçut et exécuta la vengeance parfaite. D'abord, feindre : elle fit savoir à Jason qu'elle se soumettait, qu'elle approuvait enfin ce mariage si raisonnable. En gage de paix, elle envoya ses deux fils porter des présents à la jeune épousée : une robe d'une finesse divine et un diadème d'or — des trésors hérités du Soleil, son aïeul. Glaucé, ravie, s'en para aussitôt. Alors les poisons d'Hécate s'éveillèrent. La robe s'embrasa d'un feu que rien ne pouvait éteindre, le diadème se changea en cercle de flammes, et la princesse périt dans d'atroces souffrances. Son père Créon, accouru, la prit dans ses bras — et le poison le dévora avec elle. En quelques instants, Jason avait perdu sa fiancée, son roi et son avenir. Restait le pire. Pour anéantir Jason tout entier — son présent, sa descendance, son nom —, Médée résolut de frapper là où aucune mère n'avait frappé. Euripide la montre déchirée, vacillante, serrant ses enfants contre elle, renonçant, se reprenant : je sais le mal que je vais commettre, dit-elle, mais ma fureur est plus forte que mes résolutions. Puis elle entra dans la maison, l'épée à la main. Le théâtre d'Athènes n'a pas montré la scène — seulement les cris. Un mot de rigueur, ici. C'est Euripide qui, en 431 avant notre ère, a fixé cette version terrible. Des traditions plus anciennes racontaient autrement la mort des enfants — tués par les Corinthiens pour venger leur roi. C'est le poète qui a osé l'impensable : en faire le geste de la mère elle-même. Et c'est sa version qui a traversé les siècles. Quand Jason accourut, il trouva les portes closes. Et dans le ciel, hors d'atteinte, Médée lui apparut une dernière fois — debout sur un char ailé tiré par des dragons, envoyé par le Soleil son aïeul, emportant avec elle les corps de leurs fils. À l'homme effondré qui la maudissait, elle prédit sa fin : ni gloire ni bataille — un jour, une poutre pourrie de l'Argo, le navire de sa légende, se détacherait et l'écraserait. Puis elle disparut vers Athènes, où un roi lui avait promis asile. Depuis deux mille cinq cents ans, on rejoue Médée sur toutes les scènes du monde, et la question posée par Euripide reste sans réponse : monstre, ou femme poussée jusqu'au point où l'humain se brise ? Les deux, répond le mythe. Et c'est pour cela qu'il ne nous lâche pas.